Votre corps n’a pas besoin de chlore

Votre corps n’a pas besoin de chlore

Est-ce la campagne de terreur sur la grippe aviaire qui produit ses effets anxiogènes et qui commence à contaminer une frange de la résistance ? Toujours est-il que depuis quelques semaines, plusieurs lecteurs tentent à nouveau de m’intéresser au dioxyde de chlore et à ses hypothétiques vertus thérapeutiques.  Durant la « crise sanitaire », cette molécule chimique a été présentée et vantée comme un remède très efficace contre le covid. Son grand défenseur, le chercheur indépendant Andreas Kalcker, a également prétendu que ce gaz oxydant pouvait annihiler les effets secondaires des injections expérimentales. Selon ce biophysicien allemand résidant en Suisse, le ClO2  serait une panacée universelle capable de vaincre des maladies comme le sida, la tuberculose, les hépatites, et de nombreux cancers. Révolutionnaire, son approche « électromoléculaire » ? Je n’en sais rien et je n’ai pas les compétences nécessaires pour en juger.  En faisant fi de tout a priori, il est parfaitement possible que les thérapies oxydatives prônées par Kalcker méritent d’être étudiées et expérimentées. De prime abord, je trouve même sa théorie séduisante et assez convaincante. Dans l’état actuel des connaissances, je ne vois cependant aucune raison de s’enthousiasmer outre-mesure et de consommer ce produit « miraculeux » potentiellement dangereux. Je vois même trois bonnes raisons de s’en détourner résolument.

Un traitement inutile

La première de ces raisons, vous commencez à la connaître par cœur : puisqu’il n’y a pas eu de pandémie, il était parfaitement inutile de se ruer sur des traitements « précoces » aux performances et aux conséquences incertaines. Sur le plan statistique, il ne s’est rien passé d’extraordinaire en 2020.  La surmortalité enregistrée au printemps  peut s’expliquer en totalité par l’abandon de soins de première ligne,  l’intubation systématique des malades hospitalisés et  le géronticide perpétré dans les maisons de retraite. Quant aux « vagues » suivantes, elles sont clairement liées aux campagnes de vaccination contre la grippe et contre le covid. Naturel ou artificiel, il n’y a pas eu de super virus tueur qui s’est répandu sur le globe et qui méritait un recours à des remèdes exceptionnels. Tous les médecins qui ont soigné la grippe covid comme une grippe normale ont obtenu des résultats au moins équivalents à ceux de leurs confrères qui ont « repositionné » des molécules inusuelles pour cette indication pneumopathique.  Le succès insolite de l’hydroxychloroquine, de l’ivermectine ou du dioxyde de chlore est donc à mon sens irrationnel. De mon point de vue, ceux qui en ont fait usage et qui persistent à leur trouver des avantages n’ont pas encore compris que la coque était vide et qu’on leur a vendu une banale saison grippale comme une nouvelle peste. Je ne jette la pierre à personne : j’ai moi-même cédé un moment au narratif de l’événement hors du commun et j’ai acheté par précaution du dioxyde de chlore en formule CDS. Si je n’avais pas entretemps constaté l’absence du péril mortel, peut-être n’aurais-je pas laissé la bouteille dans sa boîte lorsque je me suis senti sévèrement grippé en janvier 2022. C’est au Pérou et en Bolivie que le dioxyde de chlore a été le plus utilisé, parfois même sur recommandation des autorités. Or ces deux pays ne s’en sont pas mieux tirés les autres, ce sont même les plus mauvais élèves sud-américains en termes de mortalité attribuée au coronavirus.

L’Homme n’est pas une piscine

C’est pourtant pour ses propriétés virucides et bactéricides que le dioxyde de chlore est plébiscité par ses partisans. À les en croire, le ClOtruciderait  impitoyablement tous les micro-organismes s’aventurant dans l’organisme. Et je veux bien les croire puisqu’il sert généralement à désinfecter l’eau de distribution et celle des bassins de natation ! Pour dissuader mes amis d’absorber ce produit, je leur dis souvent que je ne vois pas l’intérêt de boire de l’eau de Javel ou d’avaler de l’eau de piscine. Selon des personnes plus calées que moi en chimie, les formules et les effets de l’eau de Javel et du dioxyde de chlore sont sensiblement différents, ce que je veux bien admettre. En revanche, ce sont tous deux de puissants désinfectants loués pour leur capacité à « assainir » le milieu où on les répand. Dans une piscine ou une cuvette de W-C, je veux bien, mais dans un corps humain ? Ce dernier abrite des milliards de microbes et il est aujourd’hui bien établi que cet univers microbien intérieur n’est ni un ennemi ni un malfaiteur. La microfaune qui nous habite est en réalité l’alliée de notre santé et de notre immunité.  Comme je m’en réjouissais la semaine dernière, même la nouvelle directrice de l’Institut Pasteur en est convaincue. Tellement convaincue qu’elle appelle à ne surtout pas perturber le microbiote et à déclarer la paix aux germes, champignons et parasites compris. À l’inverse, les adeptes de Kalcker semblent se moquer de leur terrain et être prêts à y déverser un redoutable biocide : cherchez l’erreur ! Cette attitude me semble d’autant plus aberrante que certains d’entre eux lisent Néosanté depuis des années et sont bien au fait des découvertes du Dr Hamer sur le rôle positif des bactéries et des virus en phase de réparation. Vouloir exterminer ces auxiliaires de santé, c’est se tirer une balle dans le pied et freiner sa faculté de s’autoguérir. Dans le numéro de juin de notre mensuel, nous allons publier un nouvel article du jeune chercheur américain Jeff Green (*). Pour lui, les virus sont de « prodigieuses nano-machines moléculaires spécialisées dans la détoxification des systèmes vivants ».  Dans cette optique, tous les médicaments biocidaires sont nuisibles, n’était leur aptitude parfois salutaire à tempérer la production des agents viraux détoxifiants.

D’autres moyens de s’oxygéner

En réponse à mes objections, ses zélateurs font valoir que l’atout principal du dioxyde de chlore n’est pas de décimer les microbes mais celui de relarguer ses atomes d’oxygène dans le corps, le sang et les tissus. Cette oxygénation en profondeur serait la véritable explication de son action bienfaisante. Why not ? Je ne ferme pas la porte. Néanmoins, je fais observer qu’il existe un autre produit, le peroxyde d’hydrogène, qui peut remplir la même fonction et qu’on l’on surnomme d’ailleurs « l’eau oxygénée ».  Contrairement au dioxyde de chlore, le peroxyde d’hydrogène (H2O2) peut être considéré comme naturel puisqu’il existe comme tel dans la nature et qu’il se forme chez les êtres vivants comme sous-produit de la respiration cellulaire. Durant le covid, le Ghana a basé toute sa politique de prévention en milieu hospitalier sur l’eau oxygénée. Les soignants et les patients étaient invités à se rincer la bouche et à se gargariser quotidiennement avec une solution à 1 %. Un rinçage nasal était également préconisé avec de l’eau oxygénée à 0,5%. Selon l’étude relatant les résultats, aucune des personnes soumises à ce protocole n’est tombée malade. Ceci dit, le peroxyde d’hydrogène est également un désinfectant et, à ce titre, une molécule inamicale envers la flore intestinale. À Néosanté, on recommande plus volontiers de s’oxygéner autrement, notamment par l’activité physique, la consommation d’une eau pure redynamisée (donc plus riche en oxygène) et l’adoption d’une nouvelle hygiène respiratoire. Laquelle ? Celle qui consiste à combattre l’hyperventilation chronique, véritable fléau contemporain, en s’habituant à respirer par le nez et en se pliant à des exercices d’apnée, que ce soit par la méthode Buteyko ou par le yoga du souffle. Nous avons exploré ces méthodes à travers plusieurs dossiers compilés dans notre recueil numérique « La respiration, voie royale de santé globale ». En prévention des hypoxies et en cas de désaturation inquiétante, nous préconisons l’ozonothérapie,  technique  qui consiste à prélever du sang, à y insuffler le gaz oxygénant et à le réinjecter au patient. Dans l’article qu’il vient de consacrer au dioxyde de chlore, le Dr Thierry Schmitz souligne d’ailleurs que cette approche lui semble bien meilleure. Couramment pratiquée en Allemagne et dans quelques cabinets médicaux belges, l’ozonothérapie est malheureusement très peu répandue en France, où elle est taxée de charlatanisme donnant lieu à des dérives sectaires. Venant d’un pays en proie à un véritable délire anti-médecines douces, ce dénigrement vaut à nos yeux brevet d’efficacité et d’innocuité. Avant de miser sur la douteuse et pasteurienne panacée chlorée, songez plutôt à cette façon « béchampienne » de vous revitaliser.

Yves RASIR

(*) Le premier article de Jeff Green  a été publié dans le Néosanté n° 134 de juin 2023

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3 commentaires

  1. Hello,
    Je viens de terminer le master de formation su ce sujet, proposé par l’Institut Kalcker. Je suis désolé, mais votre lettre est décevante, témoignant d’un survol du sujet qui ne vous sert pas.
    En réponse au « traitement inutile », les publications et les témoignages à foison et l’expérience personnelle valent tous les débats. L’intelligence sélective du mécanisme d’action semble vous avoir échappé. Le microbiote est régulé et assaini, l’oxygénation tissulaire indépendante du sang est un atout majeur de relance physiologique, et quant au chlorure, c’est un des ions majoritaires de l’organisme… L’H2O2 est un complément bien connu et utilisé pour les voies respiratoires, l’inhalation étant la seule contre-indication du ClO2.
    Et peu importe au final la réalité de germes agressifs ou pas dans ce contexte, l’apport d’O2 redonne à l’organisme les moyens de mobiliser ses propres ressources et de rétablir l’équilibre. La pensée dogmatique n’appartient à personne.
    Bonne continuation.

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